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[Comprendre et affronter sa timidité]

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Peut-on guérir de la timidité ?

D'un côté, il y a ces croyances qui incitent à baisser les armes : "Je suis comme ça", "C'est dans mon caractère", "On n'en meurt pas", "Il y a des choses plus importantes",...

De l'autre côté, il y a ces conseils farfelus, ces arguments réducteurs et ces remèdes de charlatans : accumulateurs turboluminescents, bromure d'acide phosphorique, régime sans épices, disques d'autosuggestion, pierres précieuses de protection, pilules miracles,... L'imagination des marchands est à la hauteur de ce que les timides sont prêts à dépenser pour se débarrasser de leur tare (1).

"Il n'y a pas, il ne saurait y avoir de timidités incurables" [Jagot]

Entre les deux, nous sommes convaincus qu'un chemin existe, long et sinueux, qui permet de regagner du terrain sur les croyances et habitudes acquises. La récompense est au bout de ce chemin. Les personnes qui parviennent à apprivoiser leur timidité en retrouvent leur joie de vivre. Et l'assurance qu'elles acquièrent est de loin préférable à l'aplomb spontané de ceux qui ignorent tout des écueils dans lesquels ils peuvent sombrer.

 
Sur la voie du changement

Sur la route de la guérison, le timide devra vaincre plusieurs obstacles. Le premier d'entre eux, et non des moindres, est de dépasser la honte de s'avouer timide, et d'accepter de réaliser un travail sur soi. Viennent ensuite la crainte de perdre son identité et la difficulté à changer un style de vie pratiqué de longue date. L'entourage pouvant également constituer un frein au changement.

Toujours est-il que, selon de nombreux spécialistes, il existe aujourd'hui des traitements véritablement efficaces, lorsqu'ils sont correctement prescrits. Les thérapies cognitives et comportementales, en particulier, semblent avoir démontré leur efficacité dans un bon nombre de cas d'anxiété ou de phobie sociales. Comme en témoigne un rapport émanant de l'Organisation Mondiale de la Santé. (2)

Toutefois, ces thérapies ne constituent pas, à nos yeux, la seule et unique voie pour s'en sortir. Un travail sur soi-même, bien documenté, peut suffire à grandement progresser. C'est avec cette conviction que nous éditons ce dossier.

Vaincre sa timidité ne signifie pas que l'on devienne imperméable à toute forme d'émotion liée à la vie sociale. On peut guérir de la timidité, pas de l'intimidation. La nuance est importante. L'émotion d'intimidation provoquée par la présence des autres ne disparaît jamais véritablement. Pas plus que la sensation de chaleur lorsque vous approchez vos mains d'une flamme. C'est la manière de gérer cette émotion que l'on peut parvenir à modifier. De manière à ce qu'un même signal n'entraîne plus une avalanche de panique ou une inhibition, mais des pensées confiantes et positives.
 

Une triple action

Pour tordre le cou à sa timidité, il convient d'agir à plusieurs niveaux :

Sans cette triple action, le travail risque d'être vain. C'est pourquoi certaines solutions, comme le théâtre ou la relaxation, ne sont pas mauvaises, mais simplement incomplètes.

Mais, au fait, est-ce que certains médicaments ne peuvent-ils pas vous soulager de la timidité ?

(1) B. Jolibert, L'éducation d'une émotion — Trac, timidité, intimidation dans la littérature, L'Harmattan, Education et Philosophie, 1997, pp. 176-177

(2) World Health Organisation, Treatment of Mental Disorders : a review of effectiveness, Washington DC, American Psychiatric Press, 1993

 

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