Maîtriser le tumulte émotionnel
La
timidité, c'est une affaire d'émotions. Le mécanisme
psychique de la timidité peut se résumer comme
un étau entre deux émotions contradictoires :
l'envie et la peur.
Le timide est tiraillé entre l'envie de plaire et l'angoisse
de ne pas être à la hauteur.
L'étymologie
du mot "émotion" vient du latin "emovere"
qui veut dire "ébranler", "mettre en mouvement".
L'émotion, c'est ce qui vous fait bondir, ce qui vous fait
fuir, ce qui vous fait trembler ou ce qui vous paralyse. Dans un
monde sauvage, l'émotion est une
fonction de survie bien utile : l'apparition
soudaine d'une silhouette inconnue, un bruit inhabituel, une odeur
étrangère doivent pouvoir déclencher un réflexe
de défense, une réaction immédiate. Dans le
monde social évolué que nous connaissons aujourd'hui,
certaines émotions continuent de nous assaillir et d'influencer
nos comportements, mais pas toujours à bon escient. Ainsi
notre peur des autres apparaît, dans certains cas, complètement
disproportionnée par rapport au danger réel que ces
"autres" représentent. "Il ne va pas te manger",
murmure la sagesse populaire.
Détecter
ses émotions
Le
premier pas consiste à identifier ses émotions. L'amorce
d'un travail de relaxation et de modification des pensées
se fera d'autant plus efficacement que les signes d'anxiété
sont rapidement et clairement détectés. Cette prise
de conscience en situation de stress n'est pas forcément
évidente. Une personne peut être troublée au
point de ne pas comprendre, sur le moment-même, ce qui lui
arrive. Un travail sur soi peut s'avérer nécessaire
pour arriver à ce niveau de conscience.
Dès
l'apparition des premiers symptômes
physiques de timidité (accélération
du rythme cardiaque , palpitations, nausées, tension musculaire,
engourdissement, tremblements, sensation de chaleur ou de froid,
transpiration, sécheresse buccale,...), il convient d'enclencher
un "plan bis". Au lieu de céder à la panique
habituelle, vous développerez les bons réflexes :
respirer, se recentrer.
Accepter
ses émotions
En
matière d'émotions, mieux
vaut surfer sur la vague que de tenter d'y faire écran.
Si vous vous sentez rougir et que vous faites tout pour éviter
ce qui vous arrive, vous avez toutes les chances d'aggraver le rougissement.
Si vous vous dites que ce rougissement est normal comme est normale
votre appréhension à rencontrer une personne inconnue,
ce même rougissement disparaîtra tout naturellement
assez rapidement. Rappelez-vous :
on peut guérir de la timidité, pas de l'intimidation.
Il
est donc conseillé d'accepter son émotion, de la recueillir,
mais dans le même temps, de
la remettre à sa place. Sans doute frétillez-vous
à l'idée de plaire à cette belle femme. Sans
doute ambitionnez-vous de faire bonne impression face à ce
patron. Mais, rassurez-vous, ils ne vous guillotineront pas au moindre
faux pas. Pas nécessaire d'être parfait pour réussir.
Bien au contraire, une retenue excessive diminuera vos chances.
Pour utiliser une métaphore tennistique : mieux vaut
lâcher ses coups et risquer de mettre quelques balles dehors
que de jouer systématiquement "petit bras". A long
terme, en tout cas, on peut considérer que la stratégie
qui consiste à affirmer son jeu est payante.
N'hésitez
pas non plus à parler de votre
émotion. 90% des personnes
s'estiment timides dans certaines situations. Elles comprendront
fort bien votre malaise.
Face
aux émotions, certains auteurs conseillent de cultiver l'imperturbabilité
ou l'impassibilité. Certes, la maîtrise de soi impose
une certaine distanciation par rapport aux émotions. Certes,
il est préférable de ne pas se laisser entraîner
dans les circuits de l'anxiété. Mais de là
à prôner l'impassibilité, je m'inscris en faux.
L'intérêt d'un travail sur la timidité, c'est
de retrouver toute la saveur de la vie, pas de l'anesthésier.
Contrôler
ses émotions
Une
fois détectées, les émotions peuvent être
maintenues à un niveau acceptable, notamment par le biais
des techniques de relaxation.
Egalement par l'influence de pensées rationnelles positives.
A cet
égard, la sophrologie
(ou le yoga dont elle s'inspire) est d'une grande utilité.
La sophrologie peut être considérée comme un
sport de la conscience et du contrôle de soi. A un premier
niveau, elle aide à ressentir les différentes partie
de son corps et à se relaxer. A un second niveau, elle permet
de diriger sa conscience, de porter son attention sur un point précis
et, au final, d'améliorer sa confiance et son "état
d'être".
On
ne soupçonne pas toujours à quel point la respiration
conserve une importance centrale dans la gestion des émotions
et dans la maîtrise de soi. Avec un peu d'entraînement,
on peut parvenir à moduler sa respiration de manière
à produire l'état physique recherché, soit
dans le sens de la dynamisation, soit dans le sens de la relaxation.
Quelques expirations peuvent suffire à reprendre le contrôle
sur les événements.
Vous
trouverez très facilement de nombreuses références
concernant les techniques de respiration et de relaxation. Mais
dans ce domaine, la théorie importe peu... il faut pratiquer régulièrement !
Une
fois la tempête apaisée, on peut envisager d'appréhender
plus sereinement la situation, en contrôlant
ses pensées.
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