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Apprendre à mieux communiquer
Le
timide manque de confiance sur le plan de la communication interpersonnelle.
Etre en mesure d'engager une conversation, de la maintenir et de
la conclure s'avère une compétence très utile.
Voici quelques conseils à ce propos :
- Ecoutez.
L'art de communiquer commence par l'écoute. Arrêtez
de préjuger de ce que pensent les autres. Invitez-les à
parler d'eux. Développez l'écoute active, par des
mouvements de la tête, en reformulant le discours de votre
interlocuteur, en rebondissant sur ce qu'il est en train de vous
dire plutôt que de penser à votre prochain monologue.
Laissez de la place à l'autre, mais sans vous effacer.
Un dialogue sain se traduit par un temps de parole équilibré.
Ne confondez pas écoute et complaisance ; n'hésitez
pas à marquer votre désaccord sur certains points
ou y poser des nuances. Les personnes timides ont souvent du mal
à écouter, tant elles sont focalisées sur
leur propre prestation. En portant son attention sur l'autre,
on se libère d'une pression et on peut se laisser porter
par le flux de la conversation.
- Suscitez
la discussion. Optez pour les questions ouvertes
plutôt que les questions fermées qui laissent moins
d'espace à la discussion. Si vous demandez : "Est-ce
la première fois que vous venez à ce spectacle ?",
votre interlocuteur risque de ne répondre que par oui ou
par non. Ce qui mène la discussion à une impasse.
Si vous interrogez : "Qu'est-ce qui vous a plu dans
ce spectacle ?", vous ouvrez la porte à la discussion.
Avant d'affronter une situation, préparez des sujets de
conversation si ça peut vous aider.
- Dites
"je". Impliquez-vous. Les timides aiment
se rabattre sur les pronoms impersonnels qui ne les engagent
pas. Lorsque votre conjoint vous demande si vous avez envie d'aller
au cinéma et que vous répondez : "oui,
on peut" ou "pourquoi pas", vous évitez
de vous positionner. Soyez plus assertifs : "Oui, j'ai
envie d'aller au cinéma, ça va me changer les idées".
Ou bien : "Je n'ai pas envie d'aller coucher trop tard. Je
préférerais regarder simplement un film à
la maison. Est-ce que ça te convient ?". Ou encore
: "Je n'ai pas d'envie particulière. Si ça
te fait plaisir d'aller au cinéma, je t'accompagne".
Communiquez donc vos sentiments. Un conseil : n'hésitez
pas à révéler que telle ou telle situation
vous intimide, mais ne vous laisser pas définir par votre
timidité, ce qui reviendrait à vous y enfermer.
- Exprimez
des opinions et des demandes précises.
Si vous ditez : "On perd son temps à ces réunions",
vous ne donnez pas beaucoup d'indications sur votre ressenti ni
sur votre désir. En disant : "C'est la troisième
réunion qui commence avec une demi-heure de retard et qui
s'égare en discussions peu consistantes. Je suis embêté,
car j'ai beaucoup de travail en ce moment et ces retards me font
perdre un temps précieux. Que pensez-vous d'insister pour
qu'on démarre à l'heure la prochaine fois et
qu'on fixe un ordre du jour ?",... vous vous montrez
plus concrets, plus précis, plus constructifs. Exprimez
une idée à la fois. En dissociant les faits du sentiment
et de la demande qu'ils engendrent, plutôt que de globaliser
et de vous laisser submerger par le flot des pensées.
- Réconciliez-vous
avec les silences. Ce n'est pas parce qu'un blanc
se produit dans une conversation que vous passerez tout de suite
pour quelqu'un d'insipide. Vous n'êtes pas là pour
effectuer une performance. Qui donc peut se targuer d'exprimer
des pensées intéressantes à chaque seconde ?
Si un tel personnage existait, il serait d'ailleurs bien assommant.
Les silences sont des moments nécessaires.
- Modulez
votre voix. Quelle est l'intensité de votre
voix ? Parlez-vous plus fort ou plus faiblement que vos interlocuteurs ?
L'idéal étant d'atteindre un équilibre entre
une voix qui serait trop effacée et une voix qui serait
trop imposante. Les personnes timides pourront avoir tendance
à parler entre les dents. Quel est votre débit ?
Parlez-vous lentement ou rapidement ? Sous l'effet de la
timidité, certaines personnes seront anesthésiées
ou, au contraire, parleront précipitamment comme pour en
finir au plus vite. Quelles sont vos intonations ? De manière
générale, les personnes timides seront moins expressives
et marqueront moins de nuances dans la voix. Pour prendre conscience
de votre voix, rien de tel que d'interroger de tierces personnes
(d'où l'intérêt des thérapies de groupe).
Il est, en effet, difficile de se rendre compte de ses propres
tics d'expression et de langage. L'idéal est d'arriver
à poser sa voix, de manière affirmée et expressive,
mais sans précipitation ni agressivité.
- Communiquez
avec le corps. Une grande partie des messages
passent de manière non verbale. Votre interlocuteur sera
très sensible à votre regard, vos mimiques, la position
de votre corps, et l'amplitude de vos mouvements. Le corps dit
parfois l'inverse de ce que disent les mots. Si vous déclarez
: "Je suis très confiant dans l'avenir de ce projet"
et que vous vous faites petit, recroquevillé, les bras
croisés et le regard baissé, vous émettez
des messages contradictoires. Un point commun chez les timides,
c'est leur difficulté à regarder l'interlocuteur
dans les yeux. Une bonne communication implique pourtant ce regard.
En particulier lorsque vous écoutez, lorsque vous prenez
la parole ou lorsque vous terminez de parler, il est conseillé
de regarder votre interlocuteur dans les yeux. Le sourire, quant
à lui, reste un allié universel. Les gestes de la
main et du corps viendront soutenir votre discours. Soyez vifs
mais pas nerveux.
- Cultivez
la familiarité. Les timides se sentent
parfois obligés de briller d'intelligence et de profondeur
à la moindre de leurs interventions. Sachez rester léger.
Sachez parler de la pluie et du beau temps. Sachez poser une question
anodine, dont le but est simplement d'engager la relation. Cultivez
la convivialité. Accordez de l'importance aux conversations
banales. Rendez-vous disponibles. Entraînez-vous à
converser avec le voisin, le collègue, l'inconnu ou le
commerçant du coin. L'esprit souple, délié,
modeste. Sans autre but que le contact.
- Privilégiez
les messages positifs.
Les personnes timides ont tendance à se dévaloriser.
Or, les gens se tournent volontiers vers les personnes assertives
et positives. Il est important aussi de pouvoir accepter un compliment.
Si l'on vous félicite pour cette robe qui vous va si bien,
vous pourrez simplement répondre : "Merci. Ca
me fait plaisir que tu trouves qu'elle me va bien.". Là
où une personne timide cherchera souvent à compenser
ou à évacuer le compliment : "Ah bon ?
Mais elle commence à s'user".
- Sachez
conclure. Si vous parvenez à engager la
conversation, c'est bien. Mais il faut aussi pouvoir y mettre
fin. Les personnes timides ont tendance à laisser la préséance
à leur interlocuteur. Elles seront plus facilement la proie
de quelqu'un de locace qui ne les lâchera pas. Terminer
une conversation n'est pas un manque de respect. Mais il y a des
manières de le faire. Du genre : "Cet échange
m'a bien plu. On continuera notre passionnante discussion une
prochaine fois. A présent, je vais reprendre mon travail.
A bientôt."
Notez
qu'il est possible d'être un excellent communicateur mais de
perdre ses moyens en situation de stress. Il est donc utile par ailleurs
d'apprendre à maîtriser
ses émotions.
Pour
en savoir plus...
A
télécharger gratuitement :
GAWELIK Katy et BRUNET Isabelle, Maîtrisez
l'art d'engager la conversation (format PDF), Editions
Abondance, 2007.
ANDRÉ
Christophe et LÉGERON Patrick, La peur des autres —
Trac, timidité et phobie sociale, Editions Odile Jacob,
Paris, (1995) 2003, pp. 235-244.
MACQUERON
Gérard et ROY Stéphane, La timidité
— Comment la surmonter, Odile Jacob, Paris, 2004,
pp. 191-228.
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