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Les situations qui déclenchent
la timidité
Certaines
situations sont connues pour intimider un grand nombre de personnes.
Parler en public, par exemple. A en croire certains sondages, la
peur de devoir s’exprimer devant plusieurs paires d’yeux
a quelque chose d’universel. Elle serait encore plus répandue
que la peur de l’avion ou que la peur des serpents.
Le
fait de ressentir une appréhension avant de parler
en public ne fait donc pas de vous un timide à
proprement parler. La véritable timidité s’exprime
dans des circonstances moins exceptionnelles, telles que rencontrer
de nouvelles personnes lors d’une soirée, prendre la
parole dans une réunion, refuser une demande, etc.
Les
personnes, les lieux
et les situations
considérées comme anxiogènes
varient d’un timide à l’autre. Untel craindra
de faire face à une personne dotée d’autorité
ou de prestige. Un autre se décomposera à l’idée
d’un tête-à-tête avec une personne de l’autre
sexe. Un autre encore aura en horreur d’être observé
en train de travailler.
Certaines
personnes pourront se sentir très à l’aise dans
certaines situations et très mal à l’aise dans
d’autres. Ce patron d’entreprise, qui anime des réunions
de haut rang avec une efficacité reconnue, se trouve très
dépourvu lorsqu’il est amené à échanger
quelques propos informels en tête-à-tête avec
ses employés. Ce brillant conférencier balbutie lorsqu’une
femme charmante vient lui adresser la parole à l’entracte.
Cette jeune femme est à l’aise lors du tout premier
contact mais craint de se dévoiler ensuite davantage.
Christophe
André et Patrick Légeron, dans La peur des autres,
développent le concept de la pyramide
des peurs sociales :
- La
peur d’échouer
Cette peur est la plus commune. Elle est plus proche du trac que
de la timidité proprement dite. Elle concerne les situations
engendrant un stress de performance : effectuer un discours en
public, rencontrer une personne importante, passer un examen,
obtenir un rendez-vous amoureux,…
- La
peur de se dévoiler
Cette peur est davantage relationnelle. C’est la crainte
de paraître inintéressant, de ne rien avoir à
dire dans une discussion. Le manque d’aisance lorsqu’il
s’agit de nouer de nouveaux contacts ou de creuser une relation.
Le manque de fluidité lorsqu’il s’agit de parler
de la pluie et du beau temps. La difficulté à s’impliquer,
à exprimer ses sentiments. Simplement. Sans crainte d’être
rejeté pour son style ou ses opinions.
- La
peur de s’affirmer
C’est la difficulté à faire entendre son point
de vue, son désir. La réticence à dire non.
L’incapacité à refuser une invitation. La
vulnérabilité face à la critique. La renonciation
à faire valoir ses droits même les plus élémentaires
(comme, par exemple, signaler à un commercant qu’il
ne vous a pas rendu le compte exact ou rappeler à une personne
que vous étiez avant elle dans la file d’attente).
- La
peur d’être observé
Certaines personnes sont mal a l’aise lorsqu’elles
sont observées en train de manger, d’écrire,
de marcher, etc. Gêne à se garer sous les yeux des
passants, gêne à prendre place dans un restaurant,
gêne à uriner dans les toilettes publiques, etc.
Une personne ressentant ce type d’appréhension a
des chances d’être sujette à toutes les autres
peurs précédemment évoquées.
Le
but d’un programme contre la timidité est de vous amener
à identifier vos propres zones de fragilité (les situations
spécifiques qui vous angoissent) et à vous
y exposer graduellement.
Tout
être humain normalement constitué pourra ressentir
chacune de ces peurs ou de ces gênes à certains moments.
Tout est question de degré.
La
réalité apparaît souvent nuancée et parfois
imprévisible. Dans une même situation, il se peut que
vous soyez parfois très à l’aise et, à
d’autres moments, beaucoup plus mal à l’aise.
Ainsi est faite la vie. Nous vous conseillons d’accepter cette
variabilité
et de vous focaliser sur les expériences positives.
Si
vous avez vécu une situation particulièrement pénible,
il est probable que vous soyez fragilisé. C’est le
syndrome du stress post-traumatique.
Tout élément (tout « point d’ancrage »
comme disent les spécialistes) vous rappelant la situation
vécue risque de vous ramener à votre traumatisme.
Par exemple, si vous avez vécu une violente crise d'intimidation
en mangeant de la soupe, face à une femme, dans un restaurant
chic, la répétition de cette situation, ou d’un
ou plusieurs éléments de cette situation, risque de
vous fragiliser.
Lorsque
vous réfléchissez aux situations qui vous angoissent,
n’omettez pas de considérer les situations
que vous évitez. En effet, une situation
ne vous a peut-être pas stressé depuis longtemps simplement
parce que vous y avez renoncé.
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