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Où se situe votre anxiété
sociale ?
Une
certaine dose de timidité est normale. Il est tout à
fait humain de se sentir troublé à l’idée
de monter sur les planches, de parler dans un micro ou de déclarer
sa flamme à celle ou celui qu’on aime. De même
qu’il est naturel de se tenir légerement en retrait
dans un groupe qu’on ne connaît pas. La timidité
ne devient problématique que lorsqu’elle s’installe
et engendre une souffrance ou un handicap quotidiens.
Il
importe de distinguer différentes notions :
- Le
trac : C’est cette appréhension qui
vous prend quelques minutes avant de réaliser une performance.
L’émotion est intense mais brève. Le trac
est lié à une situation précise (donner une
conférence, chanter en public, passer à la télévision,
etc.) et disparaît lorsque le sujet entre dans l’action.
Le trac est un phénomène normal, que certains acteurs
et chanteurs connaissent parfois même après des années
de métier.
- L’intimidation
: C’est ce malaise ressenti dans certaines
situations en présence d’autres personnes, qui vous
paralyse, vous fait rougir, vous donne envie de fuir ou vous empêche
d’être vous-même. Une crise d’intimidation
peut être plus ou moins intense, mais elle est toujours
passagère.
- La
timidité : Il s’agit ici non plus
d’une émotion accidentelle mais d’un trait
de caractère. La timidité est une attitude persistante
de retrait ou de fuite, par peur de l’intimidation. La timidité
n’est pas une maladie. Elle ne se range pas au rayon des
troubles psychiatriques majeurs. On y survit. Mais le mal-être
qu’elle engendre mérite qu’elle soit prise
au sérieux.
- La
phobie sociale : Lorsque l’anxiété
sociale atteint une intensité extrême, ponctuée
d’attaques paniques complètement disproportionnées
par rapport au danger réel, on parle alors de phobie sociale.
La phobie sociale touche 3 à 5% de la population. Elle
nécessite de se faire aider par des spécialistes.
Le
timide n’est pas un schizophrène, car il désire
fondamentalement entrer en contact avec l’autre.
Le
timide n’est pas un paranoïaque, car il sait qu’il
est lui-même, en grande partie, responsable de son trouble.
A
partir de quand la timidité doit-elle d'être traitée ?
La
frontière est très subjective entre le normal et le
pathologique. Voici quelques critères qui peuvent vous aider
à faire la différence entre une timidité bénigne
et une anxiété sociale problématique :
- Vous
êtes sujets à des crises de panique,
impliquant une perte de contrôle. Par exemple un tremblement
incontrôlé ou des absences lorsqu’on vous parle.
- Votre
angoisse vous poursuit même en dehors de toute menace
: vos crises d’intimidation précédentes vous
hantent ; vous craignez de faire face à de nouvelles situations
sociales anxiogènes de sorte que vous avez tendance à
les éviter.
- Votre
vie est influencée par votre timidité.
Par exemple : vous avez peu d’amis, vous vous faites marcher
sur les pieds, votre sexualité est pauvre, votre carrière
professionnelle est freinée, etc.
Si
vous vous sentez concernés ne serait-ce que par un de ces
trois points, nous pensons que votre timidité mérite
d’être traitée. En tout état de cause,
c’est surtout à vous qu’il incombe d’estimer
votre niveau d’handicap ou d’inconfort.
Notez
que les professionnels ont mis au point, ces dernières années,
toute une série d’échelles d’évaluation
de l’anxiété sociale : auto-évaluation,
hétéro-évaluation, observations comportementales,
questionnaires portant sur les aspects cognitifs ou émotionnels,
etc. Pour une approche comparative des grilles
d’évaluation professionnelles, vous
lirez en particulier l’ouvrage de Gisèle George et
Luis Véra mentionné ci-dessous.
Efforts
personnels ou thérapie ?
Si
vous avez un travail, des amis, que vous ne vous sentez pas spécialement
déprimé, que vous ne vous réfugiez pas dans
l’alcool, que votre angoisse n’atteint que très
rarement le stade de la panique, qu’elle diminue avec la répétition
des contacts,… il est probable que vous soyez à même
de faire un travail sur vous-même, sans nécessairement
vous jeter dans les bras d’un psy. C’est avec cette
conviction que nous éditons ce dossier.
Toutefois,
si vos efforts s’enlisent et que votre angoisse s’accroît,
n’attendez pas trop longtemps pour en parler à un psychologue
ou à votre médecin traitant. Les thérapies
cognitives et comportementales, en particulier, ont prouvé
leurs effets bénéfiques auprès des personnes
timides.
Pour
en savoir plus...
ANDRÉ
Christophe et LÉGERON Patrick, La peur des autres —
Trac, timidité et phobie sociale, Editions Odile Jacob,
Paris, (1995) 2003, pp. 101-160.
GEORGE
Gisèle et VÉRA Luis, Soigner la timidité
chez l'enfant et l'adolescent — Approche comportementale et
cognitive, Dunod, Paris, 1999, pp. 29-68.
MACQUERON
Gérard et ROY Stéphane, La timidité —
Comment la surmonter, Odile Jacob, Paris, 2004, pp. 67-82.
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