Le mécanisme de la timidité
La
timidité peut être décrite comme la crainte
de ne pas faire bonne figure. Le sujet se sent menacé par
le regard de l'autre, et démuni face à cette menace.
"Rien
n’empêche tant d’être naturel que
l’envie de le paraître."
[La Rochefoucauld] |
Lazarus
et Folkman parlent de la "double
évaluation" :
- Evaluation
de la situation
- Evaluation
de notre capacité à faire face à cette situation.
Le
timide aura tendance à surestimer la performance exigée
par la situation et, dans le même temps, à sous-estimer
ses capacités à y faire face.
Par
exemple, face à quelqu'un du sexe opposé, le
sujet timide se mettra inconsciemment beaucoup de pression :
"Si je ne lui fais pas tout de suite une fascinante impression,
il/elle me cataloguera irrémédiablement comme quelqu'un
d'insignifiant."
Les
ingrédients de l'intimidation
La
peur des autres n'explique pas à elle seule le fait d'être
intimidé.
En réalité, l'intimidation est une émotion
résultant de la combinaison de la crainte de l'autre et de
l'envie de lui plaire, le tout associé à un manque
de confiance.

L'intimidation
s'exprime à plusieurs niveaux.
| Symptômes
physiques |
Cognitions |
Comportements |
| Tremblements,
rougeur, pâleur, sueurs, respiration coupée, troubles
de l'attention,... |
Focalisation
sur soi, anticipation anxieuse, auto-dévalorisation,
pensée en tout ou rien,... |
Inhibition,
retrait, fuite.
Masques comportementaux : froideur, rudesse,...
Au pire : état
de panique. |
Le
cercle vicieux de la timidité
Le
problème est que la fuite ou le repli ne résolvent
rien. Bien au contraire. Le schéma ci-dessous vous indique
la manière dont les évitements provoqués par
la timidité risquent de vous entraîner insidieusement
dans un processus aggravant.

Le
fait de se dérober augmente la sensation d'une performance
sociale décevante. L'estime de soi en ressort diminuée.
Le sujet ne se donne pas les chances de s'améliorer. La situation
évitée conserve, plus que jamais, son potentiel angoissant.
C'est ainsi que, d'évitement en évitement, la timidité
s'installe et se consolide.
La
seule manière d'enrayer le phénomène est de
dépasser son angoisse et d'accepter de s'exposer à
nouveau progressivement.
La
solution : s'exposer progressivement
L’influence
intimidante d’une personne ou d'une situation s’émousse
avec la familiarité. Le schéma ci-dessous indique
la diminution progressive de l'angoisse lors de séances d'exposition
répétées.

[Graphique
inspiré de l'ouvrage La peur des autres, de Christophe
André et Patrick Légeron]
Lors
de chaque exposition à une situation anxiogène, on
observe :
- dans
un premier temps, une forte montée d'anxiété
;
- ensuite,
une stabilisation de l'angoisse ;
- enfin,
une dissipation de l'angoisse.
L'exposition
répétée, lorsqu'elle est associée à
un travail sur les plans cognitifs et émotionnels, amène
une diminution de l'anxiété.
|